Le ras-le-bol des organisateurs de soirées techno



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« On est toujours relégué à l'extérieur des villes, regrette Samuel Raymond. Et, sur les 25 multisons organisés depuis quatre ans, on n'a jamais été accueilli de manière sympathique. »


L'association Technotonomy, qui jouait les médiateurs entre organisateurs et pouvoirs publics, jette l'éponge. Vingt ans après son émergence, le mouvement techno désespère de ne pas être reconnu.


Les résultats de l'enquête sont sans appel. Unis-Sons (1), qui fédère les associations organisatrices de soirées techno en Pays de la Loire et en Bretagne, a réalisé un testing auprès de 106 mairies, principalement dans le Maine-et-Loire. À la question « Est-il possible d'organiser une soirée techno dans la salle dont vous avez la gestion ? », 80 % des maires interrogés ont répondu non. « Dans 78 % des cas, l'unique raison du refus est le fait qu'il s'agisse d'une soirée techno. »

Samuel Raymond n'a pas été surpris par ces réponses. Pendant quatre ans, au sein de l'association Technotonomy, ce Nantais a joué les médiateurs entre les organisateurs de soirées et les collectivités et les préfectures, et tenté de réduire les préjugés qui collent à la musique techno.

« Il y a quatre ans, le secteur était totalement informel et pas du tout structuré, explique-t-il. Aujourd'hui, les organisateurs sont fédérés en associations départementales ¯ environ 150 dans les deux régions ¯ avec des responsables formés au dialogue avec les pouvoirs publics, à la logistique et à la sécurité. Sur le terrain, on a pris des assurances, on s'est engagé à faire des coupures de son et à limiter le volume... On a tout fait pour que cela se passe bien. »

Radicalisation

Mais le bilan est médiocre : la discrimination à l'égard du teufeur a la dent dure. « On est toujours relégués à l'extérieur des villes, déplore Samuel Raymond qui, dans les jours qui viennent, transmettra les résultats de cette enquête au Défenseur des droits. « Lorsque l'on négocie directement avec un propriétaire de terrain privé, celui-ci subit de grosses pressions du maire et des riverains. » Et quand il y a dialogue, on parle drogue, sécurité, mais jamais programmation artistique.

En 2007, le gouvernement avait trouvé un modus vivendi avec les sound systems de Bretagne et de Pays de la Loire. Finis les gros tecknivals ingérables de 45 000 personnes, ils seront remplacés par une soirée techno par département et par an.

Ces multisons ont pu avoir lieu, grosso modo. Mais, partout, les teufeurs ont été « mal accueillis », toujours « marginalisés ». Comme à Mouzeil, cet été, dernier multisons en date en Loire-Atlantique. « Il n'y a eu aucun incident, mais on a dû essuyer des tombereaux d'insultes. Ça va jusqu'au refus d'accepter les objets trouvés », s'insurge Samuel Raymond.

Technotonomy, association subventionnée par les conseils régionaux de Bretagne et Pays de la Loire et des conseils généraux, fonctionnait avec deux salariés. Cette année, la direction Jeunesse et sport a divisé sa subvention par deux. Pour les teufeurs, la coupe est pleine. « La médiation, c'est fini ! On veut bien être gentils mais pas stupides. Cette fois, on a décidé de se défendre. » Quitte à enclencher un rapport de force avec les autorités.

La nouvelle association Unis-sons prévoit ainsi des actions pour se faire entendre, comme une Manif'festive dans la Sarthe en octobre et même un Tecknival 303 (44+49+53+85+72) dans les Pays de la Loire, à la fin du mois. Et entend bien « peser dans les débats de la présidentielle ».




Source : Ouest France

Pour plus d'infos je vous invite à lire : Technotonomy devient UNIS-SONS