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Gravity
Bass Jedi
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Comment survivre à une rave party sans drogue

Comment survivre à une rave party sans drogue


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Jeudi 22 février 2018


droguecestmal3Si comme moi, vous êtes assez cons pour espérer tenir une nuit sobre face à une armée de teufeurs boostés à la trance psychédélique, pas de panique ! Voilà 10 règles à suivre pour éviter d’avaler par mégarde une pilule, ou de tomber nez à nez avec une ligne de poudre.

Vous le savez aussi bien que moi : la drogue c’est mal. Peut-être un peu moins que la masturbation, le satanisme ou la carrière musicale de Christophe Hondelatte, mais quand même. Alors si vous vous retrouvez un jour perdus au milieu d’une rave party, vous imaginez sûrement vous passer aisément de psychotropes. Après tout, vous n’êtes pas comme tous ces satanés junkies ! Vous avez tout faux. Abandonné dans un festival de trance et trainé de force dans une free party, j’ai survécu en plein territoire psychédélique, sans prendre aucune drogue. Une nuit entière à résister à l’ennui, la fatigue et un bombardement sauvage de kicks. Donc pour l’amour du Tout-Puissant, ne reproduisez pas mes conneries.

#1 Voyagez léger
«Il en a trop pris MDR !» Il est presque minuit dans la file d’attente, quand les types qui poireautent devant moi éclatent d’un rire gras. Les vigiles viennent en fait d’aplatir un grand renoi contre le portail (semble-t-il pour tester la solidité du métal, vu la flopée de coups qu’ils s’appliquent à lui coller dans la tronche). J’affronte ici la première menace de la soirée : le checkpoint des agents de sécurité. Bien sûr je ne transporte rien d’illégal, que ce soit dans mes poches ou mon système sanguin, mais il faut rester en alerte. Ça serait trop con de tout faire foirer, avant même d’espérer tester ma sobriété. Un conseil : évitez d’être aussi profondément abruti que moi, en entrant dans la salle avec un pote chargé de drogues jusqu’aux dents. Surtout si ledit pote compte revendre à l’intérieur quatre grammes de paras et des dizaines de tazs planqués dans la carcasse de son téléphone. Bon, au final, pas la peine de trop psychoter : la fouille reste superficielle, et les agents de sécurité se contentent de tâter mollement nos épaules et la capuche de mon sweat.

#2 Intégrez-vous aux danses cérémonielles
Comme moi, vous avez peut-être besoin d’une dose minimale de bière pour avoir l’impression de danser normalement (autrement dit : remuer les cervicales et mongoliser plus ou moins en rythme). Sobre, il se révèle indispensable de ruser pour profiter de l’ambiance. Quand j’arrive face à la scène acid et psytrance, l’environnement ne s’annonce pas franchement hostile mais demande un minimum de préparation. Sous un nuage de fumée doucement parfumée à la beuh, une fourmilière humaine grouille sur le beat. Et alors que je tente une percée au milieu de la foule, un pickup conduit par un gang d’acrobates déguisés à la Mad Max coupe mon chemin en crachant des flammes. Au final, j’arrive tout de même à valider l’épreuve de la danse. Sans trop de soucis : ce qu’il y a de bien dans l’obscurité, c’est que personne ne vous pète les burnes avec votre façon de gesticuler.

#3 Adaptez-vous au rythme de votre environnement
Putain, j’ai chaud. Après 90 bonnes minutes de moiteur, je fermente méchamment dans ma transpiration, et je file vers la scène extérieure prendre l’air. Face à moi, dans le froid, les enceintes crachent du hardcore. Et pour un glandu aux oreilles aussi profanes que les miennes, le son se démarque ici de la trance surtout par son rythme, bien plus sauvage. C’est là qu’arrive une méthode de survie assez simple : se laisser hypnotiser, sans trop cogiter. Seule distraction, à part un chauve accroupi qui se farcit quatre lignes de blanche dans le groin : les breaks. Dans un état conscient, chaque pause du son – ne serait-ce que d’une seconde – broie instantanément les couilles. On s’ennuie en fait beaucoup plus facilement, difficile donc d’atteindre un semblant de transe.

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#4 Observez et rencontrez les peuplades indigènes
2 heures 30, l’abstinence commence déjà à me casser le cul. En petit con que je suis, je me mets en tête de me foutre de la gueule de la faune locale, histoire de passer le temps. Mais au-delà des clichés, je ne croise que de rares babos dans mon périple. Pas moyen de trouver le moindre cracheur de feu ou joueur de bolas dans la masse. Pas même la trace d’un dreadeux blanc en sarouel. Là se joue en fait un principe vital pour une nuit sans drogue : l’observation, indispensable pour tromper l’ennui. Autour de moi, tout le monde se marre et s’envoie des hugs. Et globalement, les gens n’ont en fait pas grand-chose à battre de ce que tu penses d’eux. C’est assez cool à voir, mais de mon côté le plus difficile reste à venir.

#5 Faites gaffe à ne pas trop vous hydrater
Attention, ne mettez pas votre vessie en péril. En l’absence de drogue ou de biture, nul besoin de vider par réflexe les bouteilles d’eau qu’on vous file, à grosses gorgées. Déjà parce que vous ne risquez pas la déshydratation ou la gueule de bois. Et puis merde, après tout vous n’avez aucune envie de vous retrouver comme moi à végéter devant les toilettes, alors même que vous n’avez pas le droit d’écluser des pintes. Après cet échec patent, je bouge vers le hall d'entrée. Dans un milieu pareil, il est crucial de redoubler de concentration pour progresser sans heurt, et zigzaguer entre les pauvres bougres prêts à vomir en position latérale de sécurité. Je parviens vite à rejoindre mon pote et à poser mon boule sur une portion de sol qui ne colle pas trop. Lui n’a pas chômé et s’est enfilé depuis minuit un demi-buvard d’acide, 3 paras de MD et une moitié d’ecsta : «Clairement je ne vois rien de fixe, ça bouge dans tous les sens là… C’est le gros bordel dans ma tête mais dans un bon sens. C’est génial, je passe l’un de mes meilleurs trips sous LSD !». À l’opposé, mes lobes cérébraux fonctionnent dans le plus grand des calmes. Et pas sûr d’être dans un état aussi euphorique que lui.

#6 Méfiez-vous de la fatigue
On s’approche de la dernière ligne droite, pas question donc de relâcher l’attention. Autant le dire, vous allez bien en baver pour tenir debout. Car sans l’aide des psychotropes, la fatigue se fait vite ressentir. Et alors que les basses galopent en arrière-fond, le cerveau rentre volontiers en hibernation. Perso, j’ai bien tenté de prévoir le coup en me sifflant en amont un demi-litre d’expressos et quelques canettes de coca, sans compter le Red Bull. Rien à faire : après quelques heures, la caféine perd tout effet. À partir de là, tout se joue à l’instinct de survie, et il faut puiser dans ses dernières forces mentales.

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#7 Trouvez au plus vite de la nourriture
OK, vous vous sentez de plus en plus vulnérable. Ok, votre organisme est à bout. Mais ce n’est pas le moment de flancher : sans aucun stimulant dans la cervelle, pensez à vous alimenter. Plus la bouffe sera fat et calorique, plus vous oublierez les cernes qui se creusent déjà sous vos orbites. Avec un peu de bol, vous tomberez comme moi sur une distribution de bouffe gratos. En l'occurrence, des espèces de mini-boules de pain fourrées à l’emmental. Nourrissant, à défaut d’avoir bon goût : j’en plonge un maximum dans mon œsophage. Juste à temps avant la fin du festival. Les enceintes et le sol cessent de trembler, et après un début de révolte, la foule déçue prend d’assaut la sortie. Il est 5 heures du matin, je manque de me viander en piétinant des cadavres de bouteilles à mes pieds, j’ai une haleine de fromage, mais je suis toujours en vie.

#8 A l’aube, déplacez-vous discrètement
Quizz rapide : Est-il plus dangereux de conduire...
a) Complètement défoncé ?
b) En n’ayant pas touché un volant depuis l’obtention de son permis, il y a plus de trois ans?

Difficile de répondre. Après quelques dizaines de kilomètres de dépucelage routier, j’arrive enfin à passer la cinquième vitesse, et je suis persuadé de contrôler la situation. J’ai tout de même arrêté de compter les calages du moteur, et je viens à peine de me souvenir du concept de «priorité à droite». Pas grave - quand la Twingo déboule sur l’autoroute, l’aube se lève, et nous nous rapprochons de notre destination finale : une free party organisée au milieu de champs agricoles. Et Dieu merci, mon pote est bien assez émergé pour m’indiquer la route : «T'en fais pas, c’est comme si j’étais sobre. Je commence à être expérimenté, j'arrive à tenir mon cerveau maintenant».


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#9 Gardez vos nerfs face aux conditions extrêmes
Aucune excuse : restez calme, peu importe la tournure des conditions. Libérez-vous de vos pensées négatives. Typiquement, si vous galérez trois quarts d’heure à trouver le chemin de la teuf, et que – dans un accès de rage – vous rêvez de tamponner les chasseurs croisés pour la troisième fois sur le bord de la chaussée. Après être arrivé à la rave vers 8 heures, heureusement qu’on m’avait prévenu : «Tu vas voir, l’ambiance est vachement plus ouverte qu’en festival». MON CUL OUAIS. Quand je pose le pied dans l’épaisse poussière marron qui recouvre le site de la free party, le chaos est total. J’ai le sentiment d’avoir trouvé Clodoland, le fin fond du trou du cul du monde. Quelques dizaines de survivants tiennent encore difficilement debout dans le froid, face aux barres de son. Ici, la population est soit beurrée, soit partie très loin dans l’espace. Overdose : je rentre m’abriter dans la caisse, impossible pour moi de croupir ici plus longtemps. Funeste décision : la plupart des teufeurs partis se reposer un moment s’apprêtent à revenir danser, et je vais en fait rater le meilleur moment de la fête. Bien mérité.

#10 Trouvez un refuge pour la fin du voyage
Je garde du reste de la matinée un souvenir assez flou et embrumé. Je me souviens juste m’être réveillé en sursaut vers 10 heures, en déposant un long filet de bave sur le tableau de bord. Un type torse nu, qui crie systématiquement «Gros !» pour finir ses phrases, nettoie les dernières traces de kétamine qui traînent sur la carrosserie de son van. Mais c’est déjà le moment de se tirer, car midi approche. Rétines éclatées, grimace maladive… Ma tronche, que j’aperçois dans le rétro intérieur, n’a pas l’air moins suspecte que le pire déchet ravagé par la drogue. En reprenant le volant, j’en profite pour recompter toute la thune que je n’ai pas dépensée en boisson et en pilules. Juste avant de passer un barrage de flics à la sortie de la rave, et de ramasser 35 euros d’amende pour stationnement interdit. Peu importe, j’ai survécu à la nuit.


Par Pierre de Baudouin

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#2 13-11-18 19:06:06

BASIK PHASE
Bass Explorer
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Re : Comment survivre à une rave party sans drogue

une teuf sans drogue , si t'es pas un fan inconditionnel de  techno ....dur dur ...

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#3 19-11-18 17:17:05

Gravity
Bass Jedi
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Re : Comment survivre à une rave party sans drogue

j'ai trouvé le texte bien ecrit et sympa la preuve j'ai réussi a le lire en une fois...

evidament il est pas de moi bon ca c'est une précision inutile^^

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